Quand l'accompagnateur devient toxique

Uncategorized Jan 23, 2023

J’ai regardé le documentaire Bikram : Yogi, Guru, Predator sur Netflix il y a quelques semaines et ça m’a bouleversée, pour plein de raisons.

L’une de ces raisons, au-delà des expériences difficiles qu'ont vécues certaines femmes dans cette histoire, est l'aspect du guru qui y est représenté.

C'est venu me chercher parce que je travaille dans un domaine où c’est facile de tomber dans l’ego quand on décide d’accompagner des gens dans leur cheminement humain et divin. Ces dérapages arrivent, entre autres, parce que certains accompagnateurs n’ont pas fait certaines guérisons sur eux-mêmes et au final, leurs blessures font qu’ils saignent sur les gens qu’ils étaient censés aider.

(Parenthèse ici : je ne suis pas parfaite et je tombe parfois aussi dans l’ego dans mon travail... clairement, je suis très humaine!)

Et en réfléchissant à tout ça, une expérience que je croyais avoir oubliée est remontée à la surface.

Il y a quelques années, j’avais des maux de cou et l’une de mes clientes m'avait chaudement recommandé de voir un physio qui, en BONUS, travaillait en connexion avec l’énergie. « C’est le meiiiiiilllleur », qu’elle me disait!

(On dit toujours ça quand on recommande quelqu’un et je fais la même chose… parce que je recommande juste les meilleurs! ;))

Alors moi, tout excitée, je me réserve une consultation avec lui.

Quelques jours plus tard, je me pointe à mon rendez-vous et je réalise que ses rendez-vous ne durent que 20 minutes. Ce n’est pas long 20 minutes pour analyser les besoins de quelqu’un, mais j’étais confiante (on se rappelle que... c’était le meilleur!) et je me suis dit que je n'étais pas bien placée pour juger, ne connaissant pas sa façon de travailler.

Boy oh boy! J’ai appris sa façon d’accompagner assez rapidement!

Deux minutes après le début de la consultation, il m’a demandé ce que je faisais comme travail. Je lui ai expliqué tout bonnement que je canalise les messages des Guides. En retour, il m’a annoncé que mon travail de lumière ne valait pas des peanuts et que ce n’était pas comme ça que la connexion spirituelle était censée se faire.

Bazouel... dans les dents, m’dame!

Mais oh, attention, il n’en avait pas fini avec moi, il commençait à peine à se réchauffer!

Il m’a ensuite informée, en regardant ma structure corporelle, que j’étais mariée avec la mauvaise personne (en l'occurrence Thomas, l’amour de ma vie) et il m’a expliqué que c’était comme si j’étais mariée avec mon père et que c’était pour ça que j’avais choisi mon chum, parce qu’il ressemblait à mon père. Selon lui, j’avais le complexe d'Œdipe dans le plafond.

Une chance que ce n’était pas un rendez-vous de deux heures... il m’aurait convaincue de vendre ma maison pour déménager en Alaska et vendre des congélateurs, tellement il avait vu juste sur moi!

Je fais des blagues, mais j’étais bousculée en maudit en sortant de là. Non pas parce qu’il avait raison, absolument pas. Je savais bien que c’était ridicule ce qu’il m’avait dit. En revanche, j’étais un peu sous le choc parce que je n’en revenais pas que cette personne, qui porte entre ses mains la capacité d’aider ses clients vulnérables à guérir, soit aussi terrible comme accompagnant.

J’étais aussi mitigée parce qu’apparemment il était le SEUL qui pouvait m’aider. Selon lui, il savait quelle était la solution pour moi, il pouvait m’aider, mais il était le seul qui pouvait le faire... alors je devais écouter ses instructions à la lettre.

J’étais déçue, parce que j’avais besoin d’aide pour guérir mon cou, mais en même temps, je ne pouvais absolument pas être accompagnée par ce clown. Alors, je n’y suis jamais retournée et mon cou a guéri grâce à d’autres ressources géniales qui ont été mises sur mon chemin.

En repensant à tout ça, je sais bien que j’aurais probablement dû lui exprimer mon désaccord durant ses diagnostics ridicules. Mais je sais aussi, en y repensant, que mon désir de guérir et ma peur bleue des conflits ont fait que je ne me suis pas exprimée à ce moment-là.

Alors, pour en revenir au documentaire sur Bikram, j’ai été bouleversée parce que le rôle d'accompagner quelqu’un vers sa vérité, vers sa lumière, c’est un privilège sacré.

C’est une responsabilité précieuse de faire de l’espace à quelqu’un, pour qu’il puisse être vulnérable avec soi... tout ça sans en prendre avantage.

Et surtout, j’ai été soufflée par le courage de ces femmes qui ont osé parler, même quand tout le monde leur disait de se taire. Elles ont osé partager leur vérité. Elles se sont honorées. Quelles femmes extraordinaires et inspirantes! Par leur geste, elles ont eu un impact profond en moi.

Si vous ne l’avez pas vu, jetez un œil sur le documentaire et faites-moi savoir ce que vous en pensez : https://www.netflix.com/ca-fr/title/80221584

Close

50% Complete

Two Step

Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit, sed do eiusmod tempor incididunt ut labore et dolore magna aliqua.